mouvoir la fracture

mouvoir la fracture est un projet multidisciplinaire d’art infiltrant de l’artiste Gabrielle Poulin, en coproduction avec le 3e impérial, centre d'essai en art actuel à Granby.

 

Ce projet consiste à créer une cartographie commémorative et expérientielle, à partir de signalements d'animaux décédés sur les routes de la Haute-Yamaska

Vous arrive-t-il d’en croiser sur votre chemin ? Seriez-vous prêt.e à m’aider à récolter ces données, simplement en me signalant les dépouilles que vous avez aperçues ?

Il m’arrive régulièrement de prendre la route. Je l’emprunte pour les activités du quotidien et pour aller profiter de la nature. Sortir, prendre l’air. Cependant, il réside en ces évasions une funèbre dichotomie. En effet, sur la route se trouve sans cesse la mort; ratons laveurs, porcs-épics, marmottes, mouffettes, taupes, oiseaux et autres. Au volant, en route vers un horizon plus vert, je suis sans cesse témoin de mon propre sillage perturbateur. Au travers de la vitre de ma voiture, l’anonymat passe en coup de vent. J’aimerais me poser, m’arrêter et m’agenouiller pour dire un aurevoir, pour prendre le temps. Faire du sens quant à ma présence et la leur sur ce territoire que nous partageons et qui nous lie.

Mon travail se partage entre les métiers d'artiste et de comédienne. Ma démarche personnelle aborde de manière interdisciplinaire les relations au monde animal comme tremplin pour traiter des notions de deuil, de réciprocité et de sollicitude. Passant par l’installation et la performance, je m’interroge sur les potentialités d’interconnexion qu’active la rencontre avec le vivant de manière empathique et engagée.

 

Par ce projet, je souhaite activer un processus de commémoration. Je parcours le territoire et les routes environnant la ville de Granby afin de récolter des données sur la présence de dépouilles d’animaux et de
réaliser des actions symboliques sur les sites où je les trouve.

Parfois, je plante un drapeau blanc brodé pour marquer le moment et l'habiter un peu. Parfois, c'est le silence. Au fond, il s'agit de tenter de fracturer la mouvance et de commémorer la fracture.